Avec Saint-Basile le Bienheureux

Franck Fernández Estrada – Traducteur, interprète et philologue

Chaque grande ville du monde possède au moins un monument qui l’identifie. Quand nous voyons l’opéra de Sydney, nous reconnaissons immédiatement cette ville, quand nous voyons la statue de la liberté, nous reconnaissons New York et quand nous voyons la tour Eiffel, nous reconnaissons Paris. Décidément, le monument qui représente le mieux Moscou c’est la cathédrale Saint-Basile le Bienheureux. Cette cathédrale bien connue est située sur le côté sud de la Place Rouge de Moscou. Sur le côté nord de la Plaza se trouve le musée d’histoire, sur le côté est le très élégant centre commercial GUM et sur le côté ouest le Kremlin.

Cette place est connue comme la Place Rouge (Krasnaya Plosahd) non pas à cause de la couleur du drapeau de l’ancien régime communiste qui a dominé la Russie pendant 72 ans ni à cause de la couleur des murs du Kremlin. Il s’avère que dans le vieux russe, le mot rouge et beau étaient les mêmes, tout comme le mot paix et monde sont également le même mot dans le russe contemporain. Au fil du temps, le concept de “rouge” a prévalu sur celui de “beau” et a donc été traduit dans différentes langues.

Ivan IV le Terrible, en russe Ivan Grozny, était l’un des anciens tsars de l’époque où la Russie n’était pas encore un empire, mais était connue comme la Principauté de Moscovie. En tant que petite Principauté qui était la Moscovie, elle était fréquemment envahie par le khanat de Crimée (le khanat est un territoire gouverné par un kan) et par le khanat de Kazan, terre des Tatars, donc en 1552 le tsar Ivan le Terrible décida de faire la guerre contre les Tatars, également appelée la Horde d’or, et a réussi à les vaincre dans une bataille qui a duré 7 jours.

À son retour à Moscou, il voulait construire un monument pour commémorer sa victoire, alors il a décidé de faire une première cathédrale en bois qui a été démantelée peu de temps après pour en faire une déjà en pierre. À cette époque, la cathédrale était appelée la cathédrale de l’Intercession de la Sainte-Vierge dans les Douves et était couverte de dômes dorés. En 1583, suite à un incendie, les dômes ont été remplacés par les bulbes que nous connaissons aujourd’hui et en 1670 on leur a donné les couleurs avec lesquelles nous les reconnaissons aujourd’hui.

La construction de la cathédrale est l’œuvre de l’architecte Postnik Yakolev. La légende raconte que quand Ivan, une fois terminée sa cathédrale et extasié devant une telle beauté, avec l’intention de que Postnik ne puisez plus jamais construire quelque chose de similaire, Ivan l’a vidé ses yeux. Ce n’est qu’une légende, car cet architecte a ensuite participé à la construction du Kremlin de la ville de Kazan.

Il y avait une chapelle principale et 7 autres qui portent le nom des saints de l’époque où la bataille a duré. Il convient de noter que toutes les chapelles sont incroyablement petites, ainsi que tout l’ensemble. Plus tard, dans un terrain voisin, un homme simple d’esprit extrêmement pieux, nommé Basil, a été enterré. Il parcourrait les rues de Moscou pratiquement nu, quelle que soit la période de l’année (et Dieu sait à quel point il fait froid à Moscou en hiver). Basil alertait à la population du péché de mensonge et d’hypocrisie. Devant ce saint homme, même Ivan le Terrible tremblait. Il était très naturel qu’à sa mort, il soit canonisé et sur sa tombe (à côté de la cathédrale) soit élevée une neuvième chapelle, qui en ajoute maintenant 9 c’est qui amène à 9 le nombre total de chapelles. Sur cette dernière chapelle il y a une grande tour et les huit bulbes multicolores et sur toutes les 9 des grandes croix grecques dorées.

Ivan le Terrible détestait toujours les boyards, les nobles de l’ancienne Russie, parce qu’ils ne voulaient pas qu’un tsar ait tout le pouvoir entre leurs mains. À la mort de sa première femme, Anastasia Romanova, Ivan croyait que les boyards l’avaient empoisonnée. Cela a encore aigri son caractère et a augmenté sa cruauté, également en raison d’un certain trouble psychologique. Son unique héritier a été tué de ses propres mains frappé par le sceptre royal dans le temple dans une dispute familiale.

Pendant l’ère communiste, la cathédrale a échappé de peu à la destruction. Le doyen de la cathédrale lui-même a été abattu en 1918 comme beaucoup d’autres religieux et religieuses. Immédiatement après, la cathédrale a été placée sous la protection de l’État qui a confisqué les biens et les cloches et l’a transformé en musée en 1923. En 1929, il était totalement interdit d’y entrer. À cette époque, il passait sous la tutelle du Musée historique d’État, dont il est encore aujourd’hui une filiale.

Staline, pour démontrer sa puissance, chaque 7 novembre, date anniversaire de la révolution d’octobre, aimait faire de grands défilés militaires et en 1930, pour faciliter la circulation des véhicules militaires à travers la Place Rouge, il détruisait la Porte de la Résurrection qui datait de 1534 et l’église Notre-Dame de Kazan de la même époque. La première fût réconstruite en 1995 et la seconde en 1993 comme elles étaient dans le passé.

Toujours sur la Place Rouge se trouve le Mausolée de Lénine, qui a restreint les heures d’ouverture, et devant lequel la foule ne se presse plus comme avant.

Moscou est une grande capitale, belle, avec de splendides axes et jardins, des restaurants pour tous les goûts, des musées abondants où regorgent trésors inimaginables. C’est une destination chère et ne pas parler la langue est un handicap important mais, malgré tout, c’est une visite fortement recommandée.

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